La presse rapporte souvent des rumeurs selon lesquelles les bouteilles à boissons en PET contiennent des substances nocives pour la santé. Les grands titres évoquent des plastifiants, tandis que les journalistes parlent du risque du cancer. Qu’y a-t-il donc de vrai dans ces rumeurs? Les réponses du docteur Frank Welle, expert du fameux Institut Fraunhofer à Freising (Allemagne), sont limpides.

2017 PET-Recycling Schweiz PETflash63 Dr. Frank Welle
Le docteur Frank Welle, expert de l’Institut Fraunhofer.

Frank Welle, on dit que certains composants des bouteilles en PET migrent dans les bouteilles. Le PET est-il dangereux?
Dr Frank Welle: Certaines substances telle que l’acétaldéhyde ou l’antimoine peuvent migrer. De nombreux médias en font leur point d’attaque, mais ignorent l’élément essentiel: ces substances ne sont présentes que dans des concentrations infimes absolument inoffensives. L’Office fédéral de la santé fixe pour chaque substance des valeurs-limites qu’il est interdit de dépasser. Les bouteilles en PET respectent très largement ces limites. Quand on compare les bouteilles en PET avec d’autres emballages pour produits alimentaires, ces derniers dégagent sensiblement plus de substances – et les produits ainsi emballés ne sont pas pour autant dangereux pour la santé.

Le mot «acétaldéhyde» a un petit goût de poison. A tort ou à raison?
A tort. Les bouteilles en PET contiennent des traces d’acétaldéhyde. Il est vrai aussi que les quantités sont à ce point minimes qu’elles ne nuisent aucunement à la santé. L’acétaldéhyde est d’ailleurs un composant aromatique naturel que l’on trouve notamment dans les fruits. Il est aussi produit dans notre bouche et dans l’intestin. On le trouve enfin aussi dans de nombreux produits alimentaires. Les teneurs en acétaldéhyde sont sensiblement supérieures dans le pain, dans le vin ou dans du jus d’orange que dans les bouteilles à boissons en PET. Il faudrait donc ingurgiter plusieurs hectolitres d’eau conditionnée dans des bouteilles en PET pour absorber autant d’acétaldéhyde que ce qui se trouve dans un seul verre de jus d’orange.

La presse met en garde contre les plastifiants dans le PET. Rumeur ou vérité?
Le PET ne contient pas de plastifiants, bien au contraire: pour fabriquer des bouteilles à boissons en PET, il faut une matière aussi dure que possible qui permette de former des bouteilles minces et légères. A noter que la désignation chimique des matières contenues dans le PET ressemble fort à celles des plastifiants, ce qui pourrait expliquer pourquoi les médias les confondent souvent.

Les bouteilles en PET sont-elles cancérigènes ou font elles grossir?
Ah, ces rumeurs errantes ! Je n’ai pas la moindre idée d’où proviennent ces rumeurs. Pour ma part, je n’ai jamais trouvé d’étude scientifique sérieuse confirmant ces dires.

Puis-je laisser ma bouteille en PET en plein soleil à la piscine?
Il est recommandé de stocker les bouteilles à boissons en PET au frais. Si une bouteille reste exposée longtemps aux rayons du soleil, ces derniers peuvent dissoudre certaines substances, avant tout des aldéhydes. Ces derniers donnent au contenu un léger goût de plastique – mais la boisson n’est pas dangereuse pour la santé.

Combien de fois peut-on réutiliser une bouteille en PET?
Il n’y a aucun problème à remplir son flacon deux fois avec de l’eau fraîche pendant une excursion à vélo. Mais, dès lors qu’on néglige le plus souvent de rincer la bouteille avec de l’eau suffisamment chaude, des bactéries peuvent se propager. Ceux qui prétendent que l’usure de la bouteille fait passer plus de matière dans la boisson ont tort. En réutilisant une bouteille en PET, on risque d’avaler plus de bactéries – mais rien de plus. Un petit conseil pour conclure: une fois votre virée à vélo terminée, déposez donc votre bouteille dans un conteneur de recyclage.

L’Institut Fraunhofer
La société Fraunhofer est la plus importante organisation en Europe consacrée à la recherché appliquée. Soixante-sept instituts et centres de recherche disséminés dans toute l’Allemagne travaillent sous le sigle de la société. L’un d’entre eux est l’Institut Fraunhofer de technologie des processus et de l’emballage à Freising, où travaille notamment le docteur Frank Welle.