Pour leur travail d’approfondissement dans le contexte de leur formation de monteurs électriciens, Pascal Rüegg et Linus Baumann ont choisi de s’intéresser au recyclage du PET. Désireux d’avoir accès à toutes les données importantes à ce sujet, ils se sont rendus à Frauenfeld en novembre 2014 pour visiter les entreprises Müller Recycling AG et RecyPET AG.

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Peter Wittwer explique le degré de pureté des flocons de PET

Equipés de blocs, de stylos et d’une paire d’écouteurs, Pascal Rüegg et Linus Baumann, deux apprentis monteurs électriciens de Wattwil, entament leur circuit dans le monde du recyclage du PET des maisons Müller Recycling AG et RecyPET AG à Frauenfeld. Ils sont accompagnés de Peter Wittwer, responsable de la qualité et contrôleur de RecyPET.

Avec un troisième larron, Matthieu Huber, malheureusement empêché le jour de la visite, ils ont choisi le thème du recyclage du PET pour leur travail d’approfondissement dans le cadre de leur formation de monteurs électriciens à l’Ecole professionnelle du Toggenbourg. «Nous contribuons tous les trois au travail», explique Pascal Rüegg, «qui compte pour un tiers dans la note de l’examen de fin d’apprentissage.»

Trier : 30 à 40 bouteilles par seconde

Après une brève visite chez RecyPET, sise sur le terrain qui jouxte Müller Recycling AG, Peter Wittwer se lance dans son tour de l’entreprise. Devant la halle s’amoncellent des monceaux de ballots de bouteilles à boissons en PET de toutes les couleurs et de toutes les formes. «L’installation de tri du PET la plus moderne et la plus performante de Suisse permet à Müller Recycling AG de traiter plus de 70 tonnes de PET par jour», explique-t-il. D’abord, les bouteilles vides passent par un système de tri automatique capable de distinguer, grâce à des barrières lumineuses et à des mesures spectométriques dans le proche infrarouge, la couleur et la composition d’entre 30 et 40 bouteilles par seconde. «L’opération suivante est un contrôle manuel qui permet d’éliminer la presque totalité de toutes les matières étrangères.» Wittwer estime que le plus gros problème est posé par les bouteilles d’huile et de vinaigre «qui n’ont vraiment rien à faire dans la collecte des bouteilles à boissons en PET dès lors qu’elles souillent les bouteilles collectées.»

Traiter: déchiqueter et séparer

Chez RecyPET AG, qui se trouve dans le bâtiment en face, la matière triée dans l'entreprise voisine selon la composition et la couleur subit un nouveau traitement. C’est ici que les bouteilles comprimées en ballots également entrent dans le cycle. Après le «déballotage» et le retrait des fils métalliques, les bouteilles sont dirigées vers deux déchiqueteuses, où elles sont réduites en grains de taille uniforme au moyen d’un procédé à sec. Peter Wittwer retire une pincée de ces grains du ruban transporteur et la montre aux deux apprentis: «Ce mélange est composé de bouteilles, d’étiquettes et de couvercles qu’il s’agit de séparer une nouvelle fois.»

Pascal Rüegg et Linus Baumann suivent Peter Wittwer le long d'un escalier étroit pour voir de tout près les prochaines étapes du traitement. «Ici, les étiquettes en papier et en matière synthétique sont retirées du flux principal par un dispositif à courant d’air, tandis que les étiquettes collées sont retirées dans une lessive intensive.» Le spécialiste du recyclage guide les deux jeunes gens vers un grand bassin rempli d’eau et désigne les particules qui flottent à la surface. «Ça, c’est la polyoléfine des couvercles. En raison de sa moindre densité, le PET des bouteilles descend jusqu’au fond du bassin et peut alors être retiré aisément.» Les flocons de PET traversent ensuite un dispositif de lavage en carrousel avant d’être séchés. Peter Widmer plonge une nouvelle fois sa main dans le flux de flocons de PET et en retire une poignée: «Ici, nous avons du PET recyclé de haute pureté répondant par exemple aux besoins de l’industrie des fibres. » Cette qualité est toutefois encore insuffisante pour la production de bouteilles à boissons en PET.

Trois heures dans le four rotatif

C’est maintenant seulement qu’intervient le processus dit principal au cours duquel les flocons passent trois heures dans un four rotatif long de 26 mètres. «Ici, nous détachons les dernières impuretés tels que les résidus de papier et de colle par une solution de soude caustique, ce qui fait qu’après séchage, il ne reste plus qu’un mélange de solides constitué d’un sel et du PET moulu et purifié,» explique Peter Wittwer. Suit alors une opération qui consiste à séparer le sel et le PET et afin d’obtenir un degré de pureté aussi élevé que possible. Afin de pouvoir fournir du PET d’une pureté chromatique suprême, le PET moulu traverse finalement deux trieuses chromatiques et une trieuse à laser. «Ici, nous nous débarrassons des dernières matières étrangères restées dans le flux matériel.»

Le laboratoire: la qualité est décisive

 Le laboratoire interne de RecyPET AG mesure en permanence tous les paramètres qualitatifs concernant l’adéquation au domaine alimentaire et la transformation. «Toutes les sept secondes, un échantillon est prélevé dans le processus de traitement,» note Peter Wittwer, «ce qui fait que le laboratoire reçoit deux échantillons de quatre kilos environ pour cinq sacs, que nous appelons Big Bags, contenant chacun une tonne de PET.» Sur les quatre kilos de l’échantillon, un kilo est même contrôlé manuellement – une activité qui exige une attention de tous les instants, comme peuvent le constater Pascal Rüegg et Linus Baumann lors de leur essai pratique.

Pour conclure, les deux apprentis posent encore un tas de questions à Peter Wittwer. Ils sont un peu étonnés lorsque c’est à eux qu’on pose la question: «Et vous, déposez-vous toujours vos bouteilles à boissons en PET dans les conteneurs  bleu et jaune?» Avec un sourire malicieux, ils se contentent de dire: «A chaque fois que c’est possible. » Cependant, leur réponse est accompagnée d’un grand MAIS: «Comme il n’y a pas toujours de conteneur de collecte à proximité, il arrive que la bouteille vide ne puisse pas être recyclée correctement et soit jetée dans une simple poubelle. Mais après notre visite ici, nous accorderons certainement bien plus d’attention à éliminer correctement nos bouteilles à boissons en PET.»