Environnement | 15.06.2011

Les bouteilles repousseront-elles demain?

Les bouteilles repousseront-elles demain?

Le terme de «Bioplastics» recouvre de nombreuses matières synthétiques qui n’ont en partie que bien peu de choses en commun. On peut distinguer grossièrement deux groupes principaux. Dans l’un des groupes on classe les matières synthétiques fabriquées (en partie) avec des matières premières renouvelables. L’autre groupe comprend des matières synthétiques biodégradables et fabriquées à partir de matières premières fossiles ou renouvelables. Par exemple le PLA (acide polylactique). Les emballages en PLA ne se dégradent cependant que si certaines conditions environnementales sont réunies. En règle générale, on ne trouvera ces conditions que dans des installations de compostage industriel. Les emballages en PLA ne se dégradent pas toutes seules, ni sur le ruclon au fond du jardin, ni ailleurs dans la nature.


Recyclage, zone à problèmes

L’introduction sur le marché d’emballages en PLA entraînerait en premier lieu des problèmes surtout dans le recyclage. Quelques emballages en PLA introduits par erreur dans le circuit du recyclage du PET suffiraient à rendre la matière recyclée inutilisable en raison des caractéristiques divergentes des matières. Dans de telles circonstances, on peut se réjouir que d’importants fabricants de boissons misent sur d’autres matières synthétiques. Coca-Cola a déjà lancé dans différents pays ce qu’elle appelle la «Plant Bottle». Il s’agit en l’occurrence d’une bouteille en PET qui n’a pas été intégralement fabriquée avec du pétrole, mais aussi avec des matières premières végétales. Chez Danone, on mise en plus des matières premières renouvelables sur le PET recyclé (r-PET). La «bouteille végétale» de l’eau minérale Volvic contient actuellement 20 pour cent de matières renouvelables et 25 pour cent de r-PET. Elle est disponible sur le marché suisse depuis 2010. Selon l’état actuel des connaissances, aussi bien la «Plant Bottle» que la «bouteille végétale» peuvent être valorisées dans les systèmes de recyclage existants en même temps que les bouteilles en PET fabriquées à 100 pour cent à base de pétrole.
Lorsque Coca-Cola se met en mouvement, la concurrence se doit de bouger elle aussi. C’est ainsi que PepsiCo annonçait ce printemps le développement de la première bouteille en PET fabriquée à base de matières premières à 100 pour cent renouvelables. A une date ultérieure, des pelures d’orange ou de pommes de terre doivent être intégrées dans la fabrication des bouteilles – c'est-à-dire des matières premières qui font partie des déchets de la production alimentaire de PepsiCo.


Les «Bioplastics» sont-ils plus écologiques?

Le recours à des matières premières végétales ne rend pas nécessairement une bouteille plus favorable à l’environnement. La culture des matières premières végétales requiert beaucoup d’eau, d’énergie, d’engrais, de pesticides et de terrain agricole. Si les bioplastiques resteront un phénomène de mode ou s’imposeront réellement sur les marchés dépend dans une large mesure du fait que les producteurs de boissons seront ou non en mesure de produire leurs bouteilles en bioplastique dans les quantités voulues, de manière durable et avec un impact aussi faible que possible sur l’environnement.

 

 

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